Le couple Sarkozy-Berlusconi a attisé la rivalité naturelle entre nos deux pays

Intervista di Enrico rilasciata al settimanale francese L’Express pubblicata il 6 aprile 2011

Enrico Letta, député du Parti démocrate, plaide pour un meilleur équilibre dans les relations France-Italie.

Comment interprétez-vous la violente levée de boucliers contre les Français ?

La France paie aujourd’hui le manque d’ouverture de son marché intérieur. Les Italiens dénoncent à juste titre une absence de réciprocité. Cela dit, les réactions de notre gouvernement à la suite du rachat de Bulgari par LVMH, l’intrusion de Lactalis dans Parmalat, et les tensions entre EDF et Edison, visent avant tout à pallier une politique industrielle déficiente. Contrairement à la France, l’Italie n’a pas été capable d’aider les entreprises nationales à se développer et à atteindre une taille critique qui leur permette de survivre à la mondialisation. Aujourd’hui, chez nous, il ne reste qu’une poignée de grandes entreprises.

Est-ce la faute des Français ?

Non, bien sûr. Mais grâce à plusieurs dispositifs législatifs, la France a su placer ses entreprises à l’abri des appétits étrangers. Ces mesures, qui confinent à une forme de protectionnisme, sont aujourd’hui critiquées par l’Italie, qui souhaite… s’en inspirer. Le gouvernement envisagerait notamment de faire voter une loi qui lui permette d’exercer un droit de regard sur un certain nombre de secteurs stratégiques pour le pays. Je ne suis pas sûr pour autant que cela améliore l’attractivité de l’Italie aux yeux des investisseurs étrangers, ce dont nous avons cruellement besoin.

Les relations entre les deux pays sont-elles si dégradées ?

Les gouvernements de Jacques Chirac et de Romano Prodi collaboraient de façon plutôt efficace. Qu’il s’agisse de dossiers internationaux comme la guerre au Liban ou de projets économiques comme l’association entre Enel et EDF. Le couple Sarkozy-Berlusconi, lui, a plutôt attisé la rivalité naturelle entre nos deux pays. Alors que les Italiens souhaitent être traités sur un pied d’égalité, les Français, à l’image de leur président, ont souvent tendance à les toiser avec un sentiment de supériorité.

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